Sébastien : vigneron, engagé et explorateur.

Sébastien : vigneron, engagé et explorateur.

La fin de l’année 1996 marque le retour de Sébastien Mercurol. Son bac viti-oeno de l’école d’Orange en poche, il travaille 3 années durant en tant que salarié au sein de notre exploitation familiale fondée en 1961 par nos parents.

En 1999, nous nous associons tous les quatre : Sylvie, Florence, Corine et Sébastien. Aujourd’hui, lorsque le petit dernier de la fratrie accueille les visiteurs au domaine, il se plaît à mettre l’accent sur les multiples évolutions qu’a connu l’entreprise depuis que nous en avons repris les rênes. Principalement en charge de la partie culturale, Sébastien incarne la nouvelle génération du vignoble rhodanien ; entre tradition et progrès.

 

Vigneron : au service du vignoble le plus étendu de la Vallée du Rhône septentrionale.

Aujourd’hui, nous nous différencions des autres domaines en cultivant le vignoble le plus étendu de la région viticole. Une véritable mosaïque de terroirs éparpillée en 56 parcelles, sur 8 communes dans un rayon de 20 km.  Le domaine couvre ainsi les 4 appellations phares de la Vallée du Rhône septentrionale : Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et Cornas. Cette palette de terroirs rythme le quotidien de Sébastien ; tantôt rive droite pour choyer les vieilles vignes de l’AOC Hermitage, tantôt rive gauche pour composer avec les sols particulièrement pauvres de Cornas. Ces différences notables de terroirs ont très vite poussé Sébastien à cloisonner les parcelles pour les bichonner différemment les unes des autres. Le sol des plaines est travaillé mécaniquement tandis que les coteaux du Nord de l’AOC Crozes-Hermitage, situés sur les derniers contreforts du Massif Central, impliquent le passage d’un cheval.

C’est en cave que le puzzle prend forme. Contrairement à notre père, Sébastien privilégie la vinification parcellaire ; « c’est au moment de la mise que nous assemblons. Cela permet d’acquérir davantage de complexité dans nos vins ». La connaissance approfondie des terroirs, combinée à ces assemblages judicieux a permis la création, en 2003, de la gamme Terre d’Arce. 4 cuvées dont les différentes expressions incarnent parfaitement le vignoble morcelé de la famille.

 

Engagé : la biodiversité au cœur du travail. 

Vous l’avez compris, le garçon aime que les lignes bougent sauf lorsqu’il s’aperçoit que notre région, autrefois arboricole, voit sa biodiversité se réduire. Au fur à mesure que les vergers disparaissent, au profit des parcelles de vignes : la faune et la flore s’appauvrissent. Il décide alors d’explorer un ensemble de techniques visant à (re)créer tout un écosystème naturel dans le vignoble. Sébastien en a fait son cheval de bataille : l’autorégulation remplacera les insecticides au domaine. Une initiative qui a permis au domaine d’obtenir la certification HVE de niveau 3 en 2014. Même s’il refuse de parler de permaculture, Sébastien travaille actuellement sur la création d’un espace dédié à la biodiversité où faune et flore seront en parfaite osmose ; un projet mené en collaboration avec la fédération de chasse locale.

 

Explorateur : des expérimentations entre nouvelles techniques et techniques ancestrales.

En cave aussi Sébastien expérimente, tâtonne, crée. Par exemple, depuis les vendanges 2015, il teste les effets de la micro-oxygénation via la porosité de la terre cuite. Ainsi, ces deux dernières années, jarre et œufs ont fait leur apparition dans un coin de la cuverie. « L’idée est d’obtenir l’expression de la syrah avec davantage de pureté, de fruit, en évitant les apports boisés du fût » raconte Sébastien lorsqu’il explique sa démarche aux visiteurs venus à notre rencontre au domaine. Et si vous lui poser la question, vous comprendrez qu’il ne s’en tiendra pas à ces expérimentations. « Dans 10 ans, je m’imagine parfaitement organiser mon travail grâce à un drone qui scruterait mes vignes et me transmettrait  tout un tas d’informations » répond Sébastien les yeux pleins de malice et d’impatience.